Au delà des collines (Cristian Mangiu 2012)

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Au delà des collines (Cristian Mangiu 2012)

Message  Ulysse92 le Dim 25 Nov 2012 - 19:36

Vendredi soir Arte nous a passé "le choix de Luna" où une Bosniaque doit quitter son ami emporté par le fanatisme religieux qui le conduit à s'écarter de l'islam traditionnel de leur culture pour se jeter dans les bras des fondamentalistes... le pauvre a des soucis de fertilité et le couple se prépare à la fécondation assistée, il boit et perd son travail, il a sans doute donc besoin de se rattraper sur le dos des femmes face à ce double échec... Quoi de mieux comme excuse que la religion fanatique. L'amour de Luna n'arrivera pas à le sauver et Luna le rejettera alors même qu'ils ont réussi la fécondation naturellement sans assistance.

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Et Samedi soir nous avons été voir un film où la religion joue un rôle important mais comme on le verra plus tard ce n'est pas du tout le but de ce film...




"Au delà des collines" où une orpheline veut reprendre une vie commune avec une autre orpheline qui est devenu nonne orthodoxe et qui essayant de l'arracher à cette non-vie religieuse tombera dans la déprime insuffisamment soignée par l'Hôpital roumain complètement désorganisé et mourra sous le régime de torture exorciste que pratiquera la Charité par charité.


Le pope de cette congrégation se fait appeler Papa et sa femme mère supérieure se fait appeler Maman. On pense forcément au couple Ceauscescu qui ont conduit la Roumanie dans des conditions terribles.


Ces fameuses orphelines sont les victimes de ces orphelinats terribles pour les enfants. Ces 2 amies se sont aidées l'une l'autre et ont eu des relations très intimes mais c'est sans doute plus le besoin de vouloir vivre ensemble que le simple amour charnel qui pousse Alina à venir chercher son amie pour partir travailler en Allemagne.

A la fin les policiers se sentent impuissants devant tant de cruauté "innocente".

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A ce propos on pense au très beau fim de turc de Nuri Bilge Ceylan "Il était une fois en Anatolie" dont je vous ai parlé ici : http://jardindesprit.forumgratuit.org/t882-il-etait-une-fois-en-anatolie-film-turc-de-nuri-bilge-ceylan

Comment nous faire tenir 2h1/4 (à Cannes c'était 2h1/2)? C'est cela le prix du scénario!
Avec 2 actrices performantes : d'où le double prix d'interprétation féminine

De bien belles images :


l'explication du titre : le couvent est perdu




Pour se rapprocher de sa compagne elle imagine rentrer au couvent


mais c'est un esprit trop libre















Un film qui a su exciter notre curiosité et qui a su nous emmener dans cette fable politico-historique inspirée d'une histoire vraie.

Bien entendu nous y avons été préparé par le concert du samedi soir du Balzac. Ce soir-là ça sortait de l'ordinaire puisqu'il s'agissait d'une soprano avec son accompagnateur au piano!

Dania El Zein, soprano
Jean-Baptiste Lhermelin, piano

« Les femmes dans tous leurs états »

J. S. Bach - "Ei ! Wie schmeckt der Coffee süsse”- Kaffeekantate BWV 211
Du Bach non religieux! une femme préfère le goût du café à son amant... Laughing

G. F. Haendel - « Piangero la sorte mia » - Giulio Cesare
Cléopâtre oscille entre désespoir et vengeance !

H. Wolf - « Das Köhlerweib ist trunken » / « La femme du charbonnier est ivre »
de dures imprécations en allemand

G. Bizet - « La Coccinelle»
un crétin ne voit pas la bouche qui veut l'embrasser car il est subjugué par la coccinelle posée sur le cou de la demoiselle

V. Bellini - « Malinconia » / « Mélancolie »
chant italien magnifique

I. Aboulker - « Je t’aime »
assez comique!

20 minutes de bonheur

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la critique à laquelle je me rallie

Jean-Michel Frodon a écrit:
...C’est à dire l’exact opposé de la découverte, de l’aventure, de l’expérience que pourrait et, si on espère quelque chose de l’art du cinéma, que devrait être la rencontre avec un film.

Cette expérience, cette aventure, elle est au rendez-vous d’un autre film en compétition. Film bizarre, peu aimable a priori, pas forcément plaisant durant le cours de la projection, mais qui s’en vient chercher en chacun des espaces inconnus, des ressorts inhabituels, et qui fait ainsi vibrer longtemps après toute une gamme d’émotions et d’interrogations.

Au-delà des collines, du réalisateur roumain Cristian Mungiu (Palme d’or 2007 pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours) raconte ce qu’il advient dans un monastère orthodoxe roumain à la règle particulièrement stricte après que l’une des sœurs y ait introduit une amie en détresse.

Soit, disons-le, une histoire dont on n’a à peu près rien à faire, pas plus qu’on ne se sentira probablement proche des termes dans lesquelles se pose le problème des personnages, écartelés en foi stricte, exigence de protéger la communauté monacale, pulsions de survie d’orphelines roumaines auquel rien n’incite à s’identifier, logique de pouvoir patriarcal, dénonciation rétrograde de l’emprise de Satan sur le monde moderne…

Si on ajoute que rien ne vient enjoliver le récit, conté en images sombres dans un décor fruste, on se doute que tout cela ne fait pas précisément un moment guilleret ou cool.

Mais voilà, il y a le cinéma. Il y a l’évidence de la puissance de la mise en scène de Mungiu, sa capacité à observer, à laisser vibrer ce qui habite les corps, à attendre l’instant où davantage de sens, et surtout davantage de présence, émane de l’écran. Il y ce paradoxal dispositif qui, mettant en branle une question dont on se fiche, la met si bien en mouvement qu’il est impossible de ne pas commencer à se la poser, de ne pas entrer dans la réflexion sur les possibilités concrètes de réponses à la question telle qu’elle est posée.

Au-delà des collines n’est pas un film sur la religion, ou sur le sectarisme, ou même sur l’individu et la collectivité – ou alors seulement de manière seconde. C’est un film qui pose la question de l’action, qui ouvre pour chaque spectateur une délibération complexe sur les possibilités d’agencer des éléments de réponses face à une construction qui a été établie dans toute sa prégnance, son existence dramatique, le temps du film.

D’où l’impression d’imbécillité obtuse que suscite la réaction «normale» d’un personnage extérieure à l’histoire, à la toute fin du film, la femme médecin qui croit pouvoir juger par la norme au lieu de partir des personnes, et de la manière dont, eux, se posent les questions.

Une manière qui, grâce aux seules puissances de la mise en scène, déplace le spectateur, lui ouvre un ailleurs de lui-même, non pas quant au «sujet» du scénario, mais quant à sa propre relation aux histoires, aux personnages, au spectacle. Le contraire de l’accomplissement d’un programme: une ouverture, partout à l’œuvre dans ce film qui semblait tout d’enfermement.

Cliquez ici => Critique de Frodon dans Slate
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