Sociologie des peintres du dimanche

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Sociologie des peintres du dimanche

Message  Ulysse92 le Jeu 14 Aoû 2014 - 22:33

Un livre est sorti avec ce titre : "Les peintres amateurs - Étude sociologique" Isabelle de Lajarte

Sur internet on peut en lire quelques pages ici :
http://www.didactibook.com/extract/show/45338

On peut lire un article d'une revue de sociologie qui en parle ici :
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsoc_0035-2969_1992_num_33_4_5641

Cela a l'air assez intéressant. On y apprend que les premiers cours populaires furent données au XIXème en gros dès que le tube de couleur a été inventé.

Si les peintres amateurs sont souvent des oisifs, retraités ou femmes ne travaillant pas, ce à quoi je m'attendais il apparaît que dans les professions intellectuelles 10% des hommes aimaient peindre et 20% aimaient dessiner. Bien plus que dans les professions manuelles.



Les réflexions qui suivent ne sont pas tirées du livre que je n'ai pas lu mais sont personnelles.

Autodidactes?

Si certains sont autodidactes, d'autres suivent des cours municipaux.
Quand on s'intéresse à deux naïfs ou primitifs modernes comme les appelait leur découvreur Wilhelm Uhde on voit deux approches différentes.

Séraphine de Senlis est la vraie autodidacte qui nous peint des tableaux primitifs

Ces tableaux sont peint pendant une transe shamannique. La culture lui était apportée par sa patronne qui avec ses amis étaient peintres du dimanche.

Au contraire le douanier Rousseau vivait à Paris où il pouvait fréquenter les musées. Il collectionnait les catalogues des Galeries Lafayette ou équivalent contenant des gravures en noir et blanc de tableaux contemporains et d'animaux du zoo. En allant voir le jardin des Plantes il savait dessiner les plantes et son inspiration géniale lui fit composer des toiles où il mixait les images des gravures dans des jungles de son invention.



Formatage

A l'école on formatte assez vite les enfants. Si à la crèche ils dessinent des bonhommes à grandes mains comme ils le ressentent, à l'école on leur fait vite dessiner des maisons à toit pentu même s'ils vivent en HLM et des soleils avec des rayons.




Essais

Le nouvel adepte se dirige alors dans deux directions: soit il s'intéresse au sujet, soit il s'intéresse au tableau c'est à dire s'attache avant tout à composer et à remplir la page blanche de formes et de tâches de couleurs harmonieuses.

Idem en dessin, on peut vouloir faire des ombres estompées ou au contraire utiliser un langage avec des hachures ou des points.

C'est là qu'il est important de ne pas être influencé.

En regardant des caricatures on s'aperçoit vite que ce qui compte ce n'est pas la ronde-bosse qui veut faire un rendu photographique, mais l'ellipse, seuls quelques traits disent tout à notre cerveau, et une très bonne caricature c'est quand il n'y a plus de trait à enlever... Et non a ajouter.


Les fausses valeurs

Certains peintres amateurs à l'esprit cartésien se sont surtout attachés à la difficile technique du rendu photographique impropre à représenter le mouvement ou la lumière, mais qui impressionne beaucoup les autres comme la gonflette chez les haltérophiles.

Comme les peintres amateurs se rencontrent beaucoup vu leur nombre et que certains sont vraiment des débutants malhabiles, une fausse valeur se met en place : le trompe l'œil.

C'est la négation du cadre, puisqu'il n'y en a pas dans la vie, c'est la négation du tableau, c'est la négation de l'esprit poétique.

Aussi il faut remettre à sa place ce qui est un exercice et ce qui est un art comme faire des gammes pour le piano. Il est important de travailler les ombres, la stature humaine, la perspective... Mais faire un tableau ce n'est pas faire un exercice. On demande de créer, de faire preuve d'imagination, d'avoir une vision, d'avoir un style c'est à dire envoyer juste les signes nécessaires au cerveau de celui qui regardera pour qu'il comprenne.


Problème des arts passés et présents

Au XIXème l'art a connu une dérive terrible avec le formatage de l'académie. Cette manufacture royale d'artisan aux sujets imposés a lavé le cerveau d'un certain nombre de peintres qui nous ont fait des peintures de charme pleines de fesses et des peintures historiques très chiantes qu'on a qualifiées de pompiers.

Au XXème on a connu une autre dérive. Le capitalisme est rentré à fond la caisse dans le marché de l'art en voyant le déclin de la côté des pompiers artistes d'état et le gain extraordinaire à réaliser avec des peintres méconnus enfin reconnus comme Cezanne, Monet, Van Gogh. Donc ils se sont mis à chercher avidement des peintres méconnus et ont mis à la mode de nombreux inconnus pas géniaux mais contestataires. Parmi eux un vrai génie qui a vécu très longtemps et produit beaucoup trop vieux : Picasso, dont la cote est toujours au plus haut.

Autre revers la mondialisation. 50 états aux états-unis donc 50 musées.

Quand autrefois un Braque nous a fait une vingtaine de toiles de fauvisme, la il faut carrément multiplier tout par 10 ou 20. César nous fait 20 fois la même expansion avant de passer à une autre. Soulages nous fait 10 fois le même truc noirâtre avant de passer à une légère variante et à sa dernière exposition il y avait 8 toiles identiques dans la dernière salle. Était-ce une vacherie du conservateur? Je me le demande...

Mais parmi cette bande d'artiste il y en a forcément beaucoup de médiocres et de vils copieurs.


Cabale

Alors forcément cela crée des espèces de sectes qui déclarent que rien n'est au dessus de l'art pompier et que tout est décadent depuis. Cela marche très bien chez les peintres amateurs capables de faire de la peinture léchée et photographique.

En plus ils sont forcément d'une jalousie extrême car ils arrivent à peine à vendre leurs toiles au prix d'1€ le cm2 alors que l'art des grandes galeries se négocie 100 à 1000 fois plus.

Mais ces certains ne font souvent marcher que leur esprit cartésien et ne savent pas voir la poésie d'un art à l'apparence facile, l'art des découvreurs. On se dit que la technique n'est pas trop difficile et que l'on serait capable d'en faire autant mais.... C'est trop tard un artiste à déjà montre qu'on pouvait trouver du beau la où le badaud ne voit que de l'ordure...


Surréalisme

Alors chez les adeptes de la gonflette, une solution pour présenter des tableaux photographiques c'est de prétendre faire du surréalisme. Mais alors sans aucune image poétique malheureusement. La poésie ils n'en sont pas capables. Par contre ces lubriques savent très bien nous faire des filles à poil comme au XIXème...

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Art Renewal

Message  Ulysse92 le Mar 28 Oct 2014 - 21:59

la secte Art Renewal est un organisme américain qui a décrété la décadence de l'art à partir des impressionnistes. Ils sont adorateurs de Bouguereau et leur but caché doit être d'en maintenair le cours aux Etats Unis.

Leur parole est donc du pain béni pour tous les peintres du dimanche aigris...
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