Histoire des hommes perdus : pygmées et andamanais

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Histoire des hommes perdus : pygmées et andamanais

Message  Tom le Jeu 22 Jan 2015 - 15:46

En écoutant ta musique pygmée j'ai immédiatement pensé à ce que j'avais lu il n'y a pas si longtemps...

En plus l'origine de tout ça c'est dans l'Illiade d'Homère mais pas dans l'Odyssée (histoire d'Ulysse).

wiki a écrit:Les Pygmées (en grec ancien Πυγμαῖοι / Pugmaîoi) sont un peuple de la mythologie grecque. Ils se caractérisaient par leur très petite taille et vivaient dans des contrées lointaines, dont la localisation variait selon les auteurs, en général au sud de l'Égypte, mais parfois en Inde. Le terme pygmée signifie littéralement « haut d’une coudée », et tire son origine du mot grec πυγμή / pugmế, désignant une mesure de longueur, la coudée hellénique, estimée à 31,6 cm.


http://n.nathalie.martin.free.fr/pages/Cours4.html
Détail du pied du vase François : le combat des grues contre les pygmées (Musée de Corinthe)
(Le Vase françois par Klitias et Ergotimos : - 570 => http://n.nathalie.martin.free.fr/imgs/imgsC04/VaseFranClitiasErgotim.png)

Ce terme apparaît pour la première fois dans la littérature grecque, dans l’Iliade d’Homère: « Ainsi monte au-devant du ciel le cri des grues, lorsque, pour fuir l’hiver et la pluie incessante, elles prennent leur vol vers l’eau de l’Océan, apportant le massacre et la mort aux Pygmées et leur offrant, à l’aube, une terrible lutte. »

Cette anodine strophe de ce célèbre poète aurait fait allusion à une énigmatique population d’une taille excessivement réduite entretenant une lutte perpétuelle pour sa survie contre les nuées migratoires des grues. Les sites de reproduction de ces oiseaux étant situés très loin en Afrique équatoriale, la difficulté de la connaissance d’une peuplade aussi éloignée a toujours constitué un important problème pour les historiens.

http://www.cosmovisions.com/$Pygmees.htm
Un pygmée combattant des grues (Chronique de Nuremberg, fin du XVe siècle).


fragment d’un petit autel domestique du VIème avant JC : Pygmée combattant une grue ou une cigogne
http://thierry.jamard.over-blog.com/article-corinthe-du-vendredi-8-au-dimanche-10-avril-2011-75726598.html

Le géographe grec Mégasthène, qui vécut au IVe siècle avant J-C, rapporta, lors d’un voyage en Inde, l’existence d’une autre population similaire, mais d’une taille beaucoup plus élevée. Malgré son évidente confusion entre ces pygmées indiens et ceux vivant normalement en Afrique, il fournit, peut-être bien malgré lui, un début d’une plausible explication à cette énigme vieille de plusieurs siècles.


http://web.cc.yamaguchi-u.ac.jp/~kitanisi/pygmy_doc/book/Garnier84.html
Édouard Garnier. 1884. Les Nains et les Géants. Paris, Librairie Hachette

Citant son ouvrage en quatre volumes, Indika, aujourd’hui perdu, Strabon rapporte que : « Ils dénichent les œufs des grues et les détruisent sans pitié, que c’est dans leur pays que les grues ont l’habitude de pondre, et qu’on s’explique alors pourquoi l’on ne voit jamais nulle part ni les œufs ni les petits des grues, qu’enfin il arrive qu’une grue vienne tomber en nos pays lointains portant encore le fer de flèche dont ses mortels ennemis l’ont percée. »


Aristote (Louvre)
Pour le contemporain de Mégasthène, le philosophe Aristote, l’existence de ces hommes, hauts d’une seule coudée, ne semblait faire aucun doute : « les autres vont pour ainsi dire d’un bout du monde à l’autre, comme font les grues. Car leur migration les conduit des plaines de Scythie aux marécages de la Haute-Égypte où le Nil a sa source : on dit même qu’elles y attaquent les Pygmées. Car l’existence de ce peuple n’est pas une fable : il s’agit vraiment d’une race de petite taille, comme on le dit, hommes et chevaux, et dont la vie se passe dans les cavernes. »

Déjà au Ier siècle de notre ère, l’écrivain latin d’origine espagnole, Pomponius Mela, constatait la disparition de cette race de très petits hommes :
« Au-delà du golfe Arabique, et cependant encore sur les bords d’un enfoncement assez profond qui forme la mer Rouge, est une place en partie déserte à cause des bêtes féroces qui l’infestent, en partie habitée par les Panchéens, surnommés Ophiophages, parce qu’ils se nourrissent de serpents. L’intérieur était autrefois habité par les Pygmées, race d’hommes de très petite stature, qui s’éteignit dans les guerres qu’elle eut à soutenir contre les grues pour la conservation de ses récoltes9. »


La découverte au XIXe siècle en Afrique équatoriale de peuplades, dont la taille oscillait autour de un mètre trente, a ouvert une confusion entre les pygmées de la tradition antique et cette nouvelle population appelée Négrilles.


Le mot pygmée  désigne un individu appartenant à des populations spécifiques caractérisées par leur petite taille, inférieure à 1,50 m de haut. Il ne s'agit pas de nanisme au sens commun (maladie due à la mutation d'un gène) mais d'une adaptation morphologique au milieu de la forêt équatoriale dans laquelle vivent ces populations.

Le terme « pygmée » englobe les différents groupes ethniques disséminés le long de l'équateur dans de nombreux États de l'Afrique actuelle, allant de la partie occidentale Cameroun, Gabon, Congo, République démocratique du Congo, jusqu'au Rwanda, au Burundi et à l'Ouganda à l'Est).

On utilise plutôt le terme Négritos pour désigner les populations de petite taille et à peau noire vivant dans le sud-est asiatique.

Ces groupes de chasseurs-cueilleurs-pêcheurs sont aujourd'hui confrontés à une précarisation croissante par l'exploitation des forêts équatoriales et leur survie se trouve menacée.


Dans la grande forêt équatoriale, en Afrique centrale (République démocratique du Congo et République centrafricaine), 50 000 Pygmées conservent un mode de vie nomade à base de cueillette et de chasse comme à la fin du paléolithique ; ils ne pratiquent ni la culture ni l'élevage.

Dans la grande forêt équatoriale, en Afrique centrale (République démocratique du Congo et République centrafricaine), 50 000 Pygmées conservent un mode de vie nomade à base de cueillette et de chasse comme à la fin du paléolithique ; ils ne pratiquent ni la culture ni l'élevage.

Jour et nuit, de petits feux couvent sous leurs huttes, les lobembes, qui constituent le campement temporaire pour des bivouacs provisoires, toujours près d'un ruisseau et sous des arbres atteignant 50 mètres, ou les mongulus d'occupation plus longue. Conçu pour une famille, chaque campement comprend des logis pour les ménages et d'autres destinés aux célibataires. Jeunes gens et jeunes filles vivent séparés. Œuvres des femmes, les huttes tiennent leur rigidité d'un treillis de branchettes ancré en terre et arqué de force en forme de tonnelle. Cet assemblage élastique peut supporter le poids de la femme qui pose des feuilles de marantacées comme des tuiles, agrafées par leurs pétioles incisés. Des lames d'écorce servent de matelas. La fumée stagnante préserve les hommes des insectes, les vivres et objets usuels du pourrissement.

Les Pygmées jouent de la musique avec un instrument ressemblant à un peigne à vibrations que l'on retrouve sous des noms variés, dans diverses régions d'Afrique.




En 2014, dans un appel international, l'ONG Survival International dénonce le fait qu'au Cameroun, « des gardes forestiers et des soldats harcèlent, torturent et parfois même tuent des Pygmées baka, parce qu'ils chassent dans les parcs nationaux qui ont été créés sur leurs terres. Un représentant officiel du gouvernement a ouvertement admis que la torture était utilisée pour obtenir des renseignements sur le braconnage ».


http://www.africahit.com/news/article/congo1/4438/


http://ethnomusicologie.revues.org/1433
Ensemble de trompes de tore




http://en.wikipedia.org/wiki/Pygmy_music
tambours pygmées




https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/cyjM7e/rLry6zo
George Rodger (1908 - 1995)
Jeunes filles pygmées dans une danse de séduction, frontière de l'Ouganda et du Congo
1948




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Asie du Sud-Est


Les diverses populations rassemblées sous le terme général de « Négritos » sont rangées dans la catégorie des Pygmées en raison de leur petite taille.

De même, en Nouvelle-Guinée (grande île de l'extrême Est indonésien), vivent encore dans les montagnes des papous pygmées de la tribu Kimyal.




Les Grands Andamanais, au nombre de 5 000 à l’arrivée des Britanniques il y a 150 ans, n’étaient plus que 41 en 2008. On les considère donc comme le plus petit peuple au monde pour ce qui est de la population. Leur population a cependant recommencé à croître.

Les Jangil ont totalement disparu.

Les Jarawa  sont, eux aussi, restés volontairement isolés des colons qui se sont installés sur leurs îles au cours des 150 dernières années, faisant preuve d’une hostilité constante envers les envahisseurs qui empiétaient sur leurs terres et chassaient leur gibier. Leur nombre est passé de 8 000 avant la colonisation britannique à moins de 300 aujourd'hui. C'étaient des chasseurs-cueilleurs, chassant les porcs sauvages et les varans, pêchant à l’arc et à la flèche, récoltant des graines, des baies et du miel. Ils étaient nomades, vivant en groupes de 40 à 50 personnes. Jusqu’en 1988, ils ont refusé tout contact avec le monde extérieur. Certains ont accepté de se laisser filmer dans les années 1990 alors qu’ils menaient encore leur vie traditionnelle : ces documentaires représentent un témoignage unique sur un mode d’existence disparu.
En 2013, le sort des derniers 240 Jarawa est en danger, une route en cours d’élargissement traversant leur territoire...

Les Onge ont également été décimés à la suite du contact avec les Britanniques et les Indiens. De 670 en 1900, la population Onge est tombée à moins de cent individus depuis 2010.

Les Sentinelles seraient entre 50 et 200 individus. Ils vivent sur la petite île de North Sentinel, d’une superficie de 72 km², et s’attaquent à ceux s’en approchant. Les informations les concernant sont donc très fragmentaires. Ils sont les seuls à avoir réussi à se préserver des nuisances extérieures et à être économiquement indépendants, continuant à pêcher, chasser et exploiter les ressources végétales de leur île. Ils n’ont aucun contact amical avec le monde extérieur, et sont considérés comme le peuple le plus isolé du monde. Ils vivent dans de longues huttes communautaires comportant plusieurs foyers et, tout comme les Onge, ils naviguent sur la mer autour de leur île à l’aide de canoës à balanciers.


Tsunami de 2004

Selon le gouverneur du territoire (les îles Andaman-et-Nicobar dépendent directement du gouvernement de l’Union Indienne) les Andamanais ne semblent pas avoir éprouvé de pertes humaines lors du tsunami de décembre 2004. Suivant les oiseaux, ils se sont réfugiés vers les hauteurs de leurs îles avant l’arrivée de la vague. De plus, le peu de constructions en dur, de véhicules et d’animaux domestiques sur leurs territoires, et l’absence de touristes, leur a épargné d’être confrontés à l’accumulation de ruines, à la pollution et aux cadavres vecteurs de maladies. Mais cette affirmation est à prendre au conditionnel car en 2004 seule une partie des Andamanais (surtout les Sentinelles) menait encore le mode de vie traditionnel, basé sur l’observation attentive et constante de l’environnement.




http://boutsdumonde.canalblog.com/archives/2007/09/08/6135553.html
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Re: Histoire des hommes perdus : pygmées et andamanais

Message  Ulysse92 le Ven 23 Nov 2018 - 0:28


http://www.djibnet.com/photo/mbuti/pygmee-10-2462740880.html


Aujourd’hui les différentes populations de Pygmées de l’Afrique de l’ouest et du centre ne partagent pas de traditions ou de langages communs. Pourtant elles se seraient séparées il y a moins de 3.000 ans à partir d’un même groupe d’individus, selon des travaux menés par des chercheurs français du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), du CNRS et de l’Inra.
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