Mardi 3 février 2015

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Mardi 3 février 2015

Message  Ulysse92 le Mar 3 Fév 2015 - 11:56

Bonjour chères lectrices, bonjour chers lecteurs,

Un peu de musique pour vous distraire pendant que vous lisez.


Hier soir je suis retourné en nocturne voir la magnifique exposition sur "Paul Durand-Ruel et le pari de l'impressionnisme" qui finit bientôt pour partir en Europe puis aux Etats-Unis.
Que c'est beau de voir les tableaux de près et en vrai. Rien à voir avec le web où pourtant je me complais vu que j'aime tant les images.
Et puis à force de les regarder on comprend mieux le but du peintre, les indications pour lire le tableau. Et en plus si on repense à certains ringard(e)s d'Envie d'Ailleurs qui ne prônaient que l'art académique fini et léché et qui trouvaient par conséquent que l'art impressionniste n'était pas fini, on "comprend" beaucoup mieux l'art impressionniste, on voit ce qui est novateur chez un Manet ou un Degas, un Corot ou un Courbet, le mouvement chez Renoir, enfin l'avant goût de l'art moderne chez Monet et Cézanne.

Mais je remercie ces gens d'avoir une opinion aussi tranchée. Cela force à se poser les bonnes questions! A savoir ce qu'on aime et pourquoi on l'aime. C'est un  peu comme avec le terrorisme qui nous oblige à savoir où sont nos vraies valeurs.

Et en plus en regardant certains tableaux je pensais parfois au genre de tableau pompeux pompier qui était adoré à la même époque...

Les objets d'un présent maintenant passé (calèche, ponts métalliques, péniches), les cadrages, les lumières et certaines fois le mouvement sont le sujet de certains tableaux et pour d'autres c'est le plaisir de faire une composition colorée, une mosaïque de taches rythmées pour le plaisir de notre cerveau ou au contraire des fondus délicats...

Et même Mary Cassatt qu'il faut voir en vrai pour se rendre compte de l'invention dans le sujet. En petit comme ici on voit une peinture assez réaliste mais le tableau est grand et les couleurs sont vaporeuses, un peu comme Matisse c'est une juxtaposition de motifs : papier-peint, tapis, faïence,  robe et peau de l'enfant nu. C'est cela le but du tableau et non l'anecdote du bain d'un enfant.


Paul Durand-Ruel a été le premier marchand moderne Il a soutenu les artistes en achetant leur production et en allant les promouvoir à New-York (et aussi Londres et Bruxelles) car les français étaient trop c...

Pendant ce temps l'Etat français et nos mairies avec l'argent des impôts de nos arrière-grand-parents soutenaient l'art académique pour quel résultat!...

Il a risqué par moment toute sa fortune, a été obligé de vendre en période de crise à très bas prix pour s'en sortir, a été épaulé par une banque qui a fait faillite 2 ans après. Par moment les pauvres artistes pauvres ne pouvaient plus compter sur lui pendant 6 ans...

Musée du Luxembourg a écrit:Entre 1891 et 1922, Paul Durand-Ruel achète près de 12.000 tableaux. Parmi ces œuvres, on trouve plus de 1.000 Monet, environ 1.500 Renoir, plus de 400 Degas et autant de Sisley et de Boudin, environ 800 Pissarro, près de 200 Manet et près de 400 Mary Cassatt.

Il a aussi acheté pour lui et jamais cherché à vendre des oeuvres étonnantes de modernité


http://www.histoire-image.org/site/etude_comp/etude_comp_detail.php?i=17
Claude Monet - Les déchargeurs de charbon - 1875
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Re: Mardi 3 février 2015

Message  Nemo le Mar 3 Fév 2015 - 16:37

Bonjour Ulysse et les autres...

J'en ai un peu marre de faire le sous-marin.


« SNLE-NG noir » par Daniel BONNERUE sur wikipedia.fr

Il n'y a pas grand chose à aller voir ailleurs...
Au contraire en fouillant le web je tombe sur des blogs ou des forums bien plus intéressants : libre-ecriture.forumactif.com


Aujourd'hui c'est l'anniversaire de la mort d'Yvette Guilbert le 3 février 1944. Cette chanteuse de café-concert nous est encore connue grâce à Toulouse-Lautrec :


wiki

Un peu de Jazz de 2009 pour vous bercer :

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Re: Mardi 3 février 2015

Message  Tom le Mar 3 Fév 2015 - 17:00

Bonjour Uysse et Nemo

C'est marrant il y a un pianiste qui reprend des concerts improvisations de Keith Jarret comme le fameux Köln concert
Il a un nom difficile à prononcer Tomasz Trzciński
Keith Jarrett, c'était une musique que j'entendais souvent quand j'allais chez Ulysse


"The Köln Concert, Pt. I (Wiesbaden 2 avril 2005)" de Tomasz Trzcinski



http://tomasz-trzcinski.info/

J'aime bien ce piano I love you I love you I love you


Pièce d'argent celte découverte en Suisse en 2012 - vers 70 avJC
http://www.info-histoire.com/189/293-pieces-de-monnaie-celte-en-argent-datant-du-1er-siecle-avant-j-c-decouvertes-en-suisse/

Comme dirait Ulysse : "admirez la stylisation! Du vrai Reiser! Et en plus on a caricaturé le visage d'une déesse"
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Re: Mardi 3 février 2015

Message  Ulysse92 le Mar 3 Fév 2015 - 17:41

Alors comme ça on se moque de moi? Very Happy Very Happy Very Happy

Je me complais en ce moment dans la lecture de Louis Duranty sur La Nouvelle Peinture ; à propos du groupe d'artistes qui exposent dans les Galeries Durand-Ruel - 1876
trouvé dans un blog passionnant (http://www.lespassionsdesandra.com/pages/les-dossiers/marche-de-l-art/paul-durand-ruel.html) qui l'a emprunté à Gallica Bnf

http://www.lespassionsdesandra.com/medias/files/duranty.pdf

Il y a des phrases si vraies sur le décervelage effectué par l'Académie de peinture...


Le texte chez Google Book avec un outil de reconnaissance de caractère qui ne marche pas très bien (pas francisé sans doute alors "l'on" => "Ton"

à lire ici : https://archive.org/stream/lanouvellepeint00firgoog/lanouvellepeint00firgoog_djvu.txt

Ce qui me permet de vous en poster un extrait :

Duranty a écrit:Mais auraient-ils pu être menés beaucoup plus loin
par l'étrange éducation de leur jeunesse, qu'a si bien
décrite un maître de dessin, M. Lecoq de Boisbaudran,
dont le récit simple et exact est plus cruel que toutes
les plaisanteries ; par l'éducation que voici :

« Les jeunes gens qui suivent les concours font tous
leurs efforts, et cela est bien naturel, pour obtenir les
récompenses qui y sont attachées. Malheureusement le
moyen qui leur semble généralement le plus sûr et le
plus facile, c'est d'imiter les ouvrages précédemment
couronnés, que l'on ne manque pas d'exposer avec
honneur et apparat, comme pour les proposer en exem-
pieple et bien montrer la route qui conduit au succès. À-t-
on compris toute la portée de ces incitations, en voyant
le plus grand nombre des concurrents abandonner leurs
propres inspirations pour suivre servilement ces données
recommandées par l'École et consacrées par la réussite. »

« Sauf de très rares exceptions, on n'arrive à la sim-
ple admission au grand concours, c'est-à-dire à l'entrée
en loge, qu'après de longues études dirigées exclusive-
ment vers ce but ; c'est la durée de cette préparation
anti-naturelle qui la rend si dangereuse pour la conser-
vation des qualités originales.
»



_ 8 —

« Les élèves qui s'y al tardentattardent finissent par ressembler
aà certains aspirants bacheliers, plus soucieux du
diplôme que du vrai savoir. »

« Deux épreuves sont exigées pour l'admission en loge :
une esquisse ou composition sur un sujet donné, et une
figure peinte d'après le modèle. La préparation à ces
deux épreuves devient l'unique préoccupation des jeunes
gens. Ils ne veulent point d'autres études que la répéti-
tion journalière de ces esquisses et de ces figures banales,
toujours exécutées dans les dimensions, dans les limites,
de temps et dans le style habituel des concours. »

« Après des années entières consacrées aà de tels exer-
cices, que peut-il rester des qualités les plus précieuses?
Que deviennent la naïveté, la sincérité, le naturel? Les
expositions de l'École des Beaux-Arts ne le disent que
trop.
»

« Parfois, certains concurrents imitent le slvlestyle de leur
maître ou celui de tel artiste célèbre, d'autres cherchent
à s'inspirer d'anciens lauréats de l'École, ceux-ci se
préoccupent des derniers succès du Salon, ceux-là de
quelque œuvre qui les aura vivement impressionnés.
Ces différentes influences peuvent donner à quelques
expositions une variété apparente, mais rien ne ressema ressem-
ble moins à la diversité réelle et au caractère original
des inspirations personnelles. »


Bah ! messieurs, il n'y a pas de quoi ôlreêtre très fiers
de ces points de départ, de cet élevage à la façon d'une
race ovine, de cette éducation après laquelle on peut
vous appeler les Dishley-mérinos de l'art. Cependant ijil



— 9 —

parait que vous étés très dédaigneux des tenta livestentatives d'un
art qui veut s'en prendre à la vie, à la flamme moderne,
dont les entrailles s'émeuvent au spectacle de la réalité
et de l'existence contemporaine. Vous vous cram-
ponnez aux genoux de Prométhée, aux ailes du Sphynx.

Eh ! savez-vous pourquoi vous le faites ? c'est pour
demander au Sphynx, sarissans vous en douter, le secret de
notre temps, et à Prométhée le feu sacré de l'âge actuel.
Non, vous n'êtes pas si dédaigneux. Vous vous inquiétez
de ce mouvement artistique qui dure déjà depuis long-
temps, qui persévère malgré les obstacles, malgré le peu
de sympathie qu'on lui montre.

Avec tout ce que vous savez, vous voudriez enfin être
un peu vous-mêmes, vous commencez à en avoir
jusqu'à la gorge, de cette momification, de cet écœurant
embaumement de l'esprit
. Vous commencez à regarder
par-dessus le mur, dans le petit jardin
de ceux-ci, soit
pour y jeter des pierres, soit pour voir ce qu'on y fait.

Allons, la tradition est en désarroi, vos efforts pour
la compliquer en témoignent bien assez, et vous sentez
le besoin d'ouvrir ce jour sur la rue dont n'ostn'est point
satisfait votre guide, l'honorable et habile peintre-écri-
vain si courtois, si ironique et si désenchanté dans ses
dires. Vous auriez bien envie, vous aussi, d'entrer dans
la vie.


La tradition est en désarroi, mais elle est la tradition,
et elle représente les anciennes et magnifiques formules
des âges précédents. Vous êtes attachés à la glèbe par
les légitimistes de l'art, ceux d'ici passent pour des



— 10 —

révolutionnaires artistiques. Le combat n'est vraiment
qu'entre eux et vous, et ils n'ont d'estime que pour vous
parmi leurs adversaires. Vous méritez l'affranchisse-
ment. Ils vous l'apporteront. Mais auparavant, p?ut-peut-
être, vous viendra-t-il par les femmes. Par les femmes ?
Pourquoi non.



http://www.delcampe.net/page/item/id,146767002,var,MOUTON-DISHLEY-MERINOSCIRCULE-EN-1912,language,F.html

j'ai encore appris un nouveau mot : Dishley-Mérinos
Dishley :
Mouton de race anglaise sélectionnée à partir d'une espèce de grande taille, à laine grossière (désignée actuellement en Angleterre sous le nom de Leicester).
Les béliers couvraient les jeunes, à des époques fixes, des dishleys croisés de mérinos, superbes avec leur air stupide et doux, leur tête lourde au grand nez arrondi d'homme à passions (Zola, Terre,1887, p. 100).
♦️ (Mouton) Dishley-Mérinos. Mouton provenant du croisement de moutons dishleys et de mérinos (cf. Fén. 1970).
http://www.cnrtl.fr/definition/dishley
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