Larmes d'éros

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Larmes d'éros

Message  Ulysse92 le Lun 3 Jan 2011 - 22:10

Une exposition à Madrid : Lágrimas de Eros (titre donné en référence à une oeuvre de G. Bataille) qui explore les liens d'Eros et de Thanatos.


Les larmes - Man Ray - 1932

Exposition composée d'environ 120 pièces (peintures, sculptures, photographies et vidéos)
Salles :
  • Naissance de Vénus
  • Eve et le serpent
  • Sphynx et sirènes
  • Tentation de StAntoine
  • Le martyre de Saint Sébastien
  • Andromède enchainée
  • Le baiser
  • Apollon et Hyacinthe
  • Endymion endormi
  • Belles suicidées : Cléopâtre...
  • Madeleine pénitente
  • Chasseurs de têtes




Peintures, sculptures et photographies sont réunies autour des thèmes suivants : la naissance de Vénus, Eve et le serpent, les Sirènes, la tentation de Saint-Antoine, le martyr de Saint-Sébastien, Andromède enchaînée, le baiser, Apollon et Hyacinthe (jeune homme d'une grande beauté qui en mourant donne naissance à la jacinthe), Endymion endormi (jeune berger rejoint par Diane/Séléné), belles suicidées : Cléopatre..., Marie-Madeleine pénitente, têtes (Jean-Baptiste tenu par Salomé, etc.)


John Currin - Honeymoon Nude - 1998


Site de l'expo => Larmes d'éros




Le titre de l'exposition, Lagrimás de Eros, est une référence directe au livre du français Georges Bataille Les Larmes d'Eros (1961).
Dans cet essai, l'écrivain estime qu'une identification entre la sexualité et les sacrifices religieux est possible. Le sacrifice serait le stade ultime de l'érotisme, entre extase sacré et charnel. Bien que thème classique de l'histoire de l'art, le rapport entre plaisir sexuel et désir de mort n'a cessé de s'enrichir au cours des siècles. En psychanalyse, Sigmund Freud parle de deux forces complémentaires et indissociables. Il nomme donc "thanatos" la pulsion de mort qui, selon lui, habite chaque être humain et l'oppose à la pulsion de vie, "éros".

L'exposition suit ce dialogue à travers la représentation de mythes immuables, issus de la Bible ou de la mythologie gréco-romaine, qui nourrissent aujourd'hui encore l'imaginaire d'artistes modernes tels que Sam Taylor-Wood, James White ou Richard Avedon. Peintures, photographies, installations, sculptures, vidéos... Autant de matériaux signés par de grands créateurs qui offrent ici un véritable voyage plastique dans l'univers de la jouissance. Le transport charnel est inévitablement lié à la mort, puisqu'il est l'un des rares états qui permet de sortir du cloisonnement du "je". "La petite mort", surnom donné à l'orgasme, auréole de cette même force inquiétante la sensation de plaisir incontrôlable. Petite promenade le long des larmes pulsionnelles d'Eros, via quelques morceaux choisis de l'exposition.


Eve et le Serpent, peur de la femme phallique
De pièce en pièce, une idée se formule de plus en plus clairement : l'homme craint, avec une intensité comparable à l'admiration qu'il lui voue, la femme fatale. Cette déesse, qui domine l'homme en provoquant consciemment son désir, est de ce fait affublée d'un phallus, ou d'un substitut. Il suffit d'observer avec attention les œuvres disposées dans l'espace intitulé "Eve et le serpent" pour en être définitivement convaincu. Le célèbre mythe de la Genèse signe dans un premier temps l'introduction du péché dans le monde, pour évoluer assez rapidement sur la scène artistique et devenir la représentation de la femme pécheresse et sexuelle. Toulouse Lautrec (ci-contre), Paul Gauguin ou encore Richard Avedon ont tous exploré le pouvoir sexuel dominateur de la première femme.

Toulouse-Lautrec

Chez le photographe américain, le serpent s'enroule tout autour du corps nu d'Eve qui, le ventre rond et fertile, entretient un rapport sensuel avec l'animal tentateur. Le reptile devient alors un prolongement phallique, qui donne à la femme un aspect dangereux : elle est indépendante et libre dans sa sexualité. C'est un être aussi inquiétant que désirable, dont l'homme devra profondément se méfier.

C'est cette attraction/répulsion que peint Franz Von Stuck dans son tableau Le Péché de 1893 où une femme se cambre légèrement, la poitrine saillante, un serpent noir et épais à son cou prêt à mordre quiconque osera s'approcher.

Andromède enchaînée, la femme offerte


Dans l'histoire des mythes, l'antithèse d'Eve serait Andromède. Cette dernière, enchainée nue à un rocher, est donnée en sacrifice à un monstre marin dans l'espoir de calmer la colère du dieu Poséidon. Persée, figure du héros, arrive à temps pour délivrer la jeune femme et tuer le monstre. Andromède est nue, impuissante, offerte au monstre des eaux, figure de la libido incontrôlable et mortifère qu'elle réveille - ci-contre, le tableau de Gustave Doré. Persée intervient vaillamment, il n'a pas à craindre que la jeune femme lui "vole" ses attributs phalliques, et peut ainsi briller sans limites dans son exploit. Elle redevient un corps rassurant, objet qui attise la libido sans pour autant sembler vivre la sienne. Andromède est une figure érotique et soumise, comme le représente si justement Philip Lorca Dicorcia dans Luna de Cosecha (2004) où une femme nue est pendue à une barre de striptease. Cette barre rappelle les chaines d'Andromède et sa servitude envers la libido masculine : le monstre marin n'est autre que la représentation symbolique de la libido de Persée, force qui le pousse à agir avec courage. Andromède est un corps passif, source de désir et de contentement sexuel. Elle est menacée, et non menaçante.

Gustave Doré - 1869


Endymion endormi ou le fantasme de toute puissance


Au cours cette exploration des pulsions sexuelles, la femme aussi est dépeinte comme un être jouissant de la totale soumission de l'autre. Le mythe d'Endymion endormi dévoile le besoin de possession totale de la femme à travers le mythe de Diane et sa requête morbide. La déesse, vierge par choix, est envoutée par la beauté du jeune berger Endymion qu'elle voit dormir depuis le ciel, et demande alors à Zeus de l'endormir pour toujours. Ainsi, elle peut contempler sans fin l'être interdit et en faire un objet érotique passif. Le berger devient un corps accessible à tous moments, sur lequel Diane peut reporter tous ses désirs sans craintes de refus ou d'abandon. Portée par ses pulsions sexuelles, elle n'hésitera donc pas un instant à voler la liberté d'Endymion, associant une pulsion érotique à un acte de mort.
Sam Taylor-Wood reprend ce mythe avec une vidéo (David Robert Joseph Beckham ("David"), 2004, ci-contre) où il filme le footballeur David Beckham dans son sommeil en mettant en avant ses caractéristiques métro-sexuelles. Torse nu, sourcils très dessinés, traits fins, cheveux blonds décolorés, paré de bijoux et le sommeil doux, il est alors transfiguré en objet érotique passif universel. Par son androgynie, il répond à toutes formes de libido, qu'elle soit masculine ou féminine. En l'endormant à jamais, Diane s'empare du phallus d'Endymion et peut sans risque prendre le contrôle sur lui. Les pulsions sexuelles entre hommes et femmes apparaissent alors comme une lutte acharnée, gouvernée par la peur de cet autre qui semble désirer autrement.

David Beckham endormi -
Sam Taylor-Wood



Le baiser, dévoration de l'autre

Après avoir exploré la libido masculine et féminine, les tableaux qui peuplent la salle dédiée au thème du baiser présentent des êtres parqués par deux, s'entre-étouffant et s'adonnant inlassablement à des actes cannibales dans l'espoir de ne faire plus qu'un. La tendresse est bien loin, remplacée par des images de dévoration mutuelle où le baiser devient le point culminant de la lutte de pouvoir.
René Magritte représente un couple le visage recouvert d'un drap (Les Amoureux, 1928), comme si être à deux était l'annihilation de toute personnalité, quand Andy Warhol choisit de figurer le baiser par une image de Dracula aspirant le sang de sa victime (ci-contre).

Andy Warhol
Servitude du couple et dévoration de l'autre, le baiser a perdu dans cette salle de sa romance et n'est plus que le point culminant du flux libidinale thanatien. Les lèvres aspirent dans une volonté d'ingurgiter "la précieuse moitié" pour être enfin sûre qu'elle ne parte plus jamais. Ces mots ornent les murs de la pièce, "la culmination amoureuse dans le couple est un état de servitude et d'esclavage mutuel". Aucun équilibre n'est trouvé entre pulsion de mort et désir, et un doute inquiétant plane...

Désirer l'autre, serait-ce souhaiter le vider de son "être", le tuer en quelque sorte, pour mieux le posséder ?


Dernière édition par Ulysse92 le Sam 5 Nov 2011 - 22:53, édité 6 fois
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De la naissance de Vénus à la femme phallique

Message  Ulysse92 le Lun 3 Jan 2011 - 22:11


Amaury-Duval naissance de Vénus 1862 ! et un pompier! un!


Courbet - La vague


Kate Moss par Marc Quinn


Franz Von StücK


Rousseau - La charmeuse de serpent


James White, Untitled 2004, Photo 153X102X5 cm. © J.White.

au risque de te décevoir mon cher Siorac ce n'est pas un tableau hyperréaliste mais une vraie photo...


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Les liens du désir - la femme offerte

Message  Ulysse92 le Lun 3 Jan 2011 - 22:11

Andromède - Bondage


Gustave Doré - Andromède


Roger délivrant Angélique, Ingres, 1819



Édouard Alexandre Sain XIXème


Anfromède par Henner


Andromède par Tamara de Lempicka


Andromède au rocher - Chassériau


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Décapitation - Angoisse de castration

Message  Ulysse92 le Lun 3 Jan 2011 - 22:12

Décapitation - Fantasme ou plutôt angoisse de castration


Décollation


Antoine Wiertz - tête guillotinée - 1855


Bernardo Luini


Beardsley


Artemisia Gentileschi

Gustave Moreau


Duault


Bernardo Luini


Le Caravage

Andrea Solario (1460-1524)

Joanna Chrobak


Décollation traditionnelle de l'oie ( à Jupilles en Sarthe) le lundi gras en 1954




à vélo


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Eros, Vénus et Psyché

Message  Ulysse92 le Lun 3 Jan 2011 - 22:13


Durer - Eros, Vénus et les abeilles


John Currin - Honeymoon nude (extrait)


vase grec



Lempicka

Les dessous chics de Marlies Dekkers exposés à Rotterdam


Site => Curiosae des Larmes d'éros





Eros et Psyché


Vénus et Cupidon - Lorenzo Lotto - 1520 - je vous laisse apprécier le détail



Goltzius - 1616 - Vénus et Cupidon épiés par un satyre (extrait)

Delvaux


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Le baiser - manger l'autre

Message  Ulysse92 le Lun 3 Jan 2011 - 22:13


éros et psyché (Le louvre)


Rodin - Le baiser




DiCorcia


Von Stück



Baiser de mort de Salomé


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Extases... Le Bernin, Ingres, Dali, Brassaï

Message  Ulysse92 le Lun 3 Jan 2011 - 22:14


Ingres, le bain turc


Dali jeu de l'oie de l'extase


Brassaï - extase 1933


Le Bernin - l'extase de Thérèse



Le rapt de Proserpine


Le Bernin - détail du rapt de Proserpine


Extase de la bienheureuse Ludovica Albertoni


lascivité de l'hermaphrodite (statue grecque ancienne posée sur un matelas du Bernin)


Le nil (ou l'amour aveugle)


femme piquée par un serpent - Clesinger - Musée d'Orsay


cliquez sur => Site sur les nus couchés dans la sculpture

_
Extases masculines : Statue grecque - Le faune barberini



Cagnacci - Madeleine dévêtue - XVIIème


Guido Cagnacci - Jeune martyre morte (Sainte Mustulle) (1640)
du musée Fabre à Montpellier.


toujours Cagnacci


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Eros et Thanatos

Message  Ulysse92 le Lun 3 Jan 2011 - 22:14


Ne pas confondre avec Hypnos et Thanatos : le Sommeil et la mort




Dessin de Céline Guichard


La jeune fille et la mort - 1517 -Niklaus Manuel Deutsch

cliquez ici => la mort dans l'art


La belle Rosine - Antoine Wiertz - 1847
Cette huile sur toile de 140 par 100 cm est aussi aussi appelée Deux Jeunes Filles.
En dessous du bassin du squelette, il y a une sculpture d'un pied et d'une tête d'homme. A droite de la jeune femme, il y a un chevalet avec une inscription au milieu :
  Ebauche
  faire bien n'est
  qu'une question de temps.

Il y a aussi une étiquette qui se trouve sur le crâne du squelette sur laquelle il est écrit:
  La belle Rosine.


Hans Sebald Beham


Andrey Danilov http://vk.com/album19287265_98351531


Vanitas par David Aronson http://www.alchemicalwedding.com/market/original2.htm



Franz Fiedler. Serie "Narre Tod mein Spielgesell  1921 http://elhurgador.blogspot.fr/2012/08/magia-de-los-objetos-fotografia.html


Nijinsky

_


extrait du film "L'empire des sens" (Nagisha Oshima)


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Suicides : de la petite mort à la grande

Message  Ulysse92 le Lun 3 Jan 2011 - 22:15


La mort de Lucrèce par Carnach

Mort de Lucrèce - anonyme - Rouen


Mort de Lucrèce - Cagnacci


Mort de Cléopâtre


Ici au moins on voit bien le serpent!!!


La mort de Cléopâtre - Guido Cagnacci (1601-1663)


Antoine Wiertz - Suicide - 1854


Edouard Manet, Le suicide, 1881.
Collection E.G. Bührle Zurich.


John-Everett Millais - Ophélie

Tom Hunter - 2000 - Retour à la maison




Cindy Sherman


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Du rêve au cauchemar

Message  Ulysse92 le Lun 3 Jan 2011 - 22:16

du rêve au cauchemar


Vénus endormie


Rousseau - Le rêve


Le Rêve - Chagall


Goya




Le cauchemar - Füssli


Antoine Wiertz - l'enterrement prématuré - 1854


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Saint Sébastien ... désir d'homme attaché?

Message  Ulysse92 le Lun 3 Jan 2011 - 22:17

Saint Sébastien ... désir d'homme attaché?
le pendant d'Andromède enchainée???



http://fr.wahooart.com/A55A04/w.nsf/Opra/BRUE-8LHSVH
El Espanoleto (José de Ribéra) 1651


http://www.artliste.com/guido-reni/
Guido Reni v. 1615, musées du Capitole (Rome)


http://www.ecoles.cfwb.be/arizel/robin/venise/renais.htm
Giovanni Bellini (église Santi Giovanni et Paolo de Venise)


http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9bastien_%28saint%29
Le Pérugin - vers 1500 (Le Louvre)


http://www.mba.tours.fr/index.php?idtf=5358&TPL_CODE=TPL_COLLECTIONPIECE&PIECENUM=68
Francesco Cairo - St Sébastien soigné par Irène - 1635 (Musée de Tours)


http://www.ecole-art-aix.fr/IMG/jpg/Antonello_-_Saint_Sebastien.jpg
Antonello da Messina - 1477 - Huile sur bois transférée sur toile 171 cm × 85 cm (Dresde)


Lorenzo Costa - 1490 (Galerie des Offices - Florence)


église de Fresnay-en-Retz, France


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Hommes-objet (de désir)

Message  Ulysse92 le Lun 3 Jan 2011 - 22:17


Pierre-Antoine Demachy Le sommeil d'Endeymion XVIIIè





Michel-Ange - esclaves


Sticky fingers (The Rolling Stones)

Mick Jagger


Jim Morrison en pantalon de cuir


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Les larmes d'éros - Georges Bataille - 1961

Message  Ulysse92 le Sam 5 Nov 2011 - 15:49



Georges Bataille, Les Larmes d'Eros, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1961

Les Larmes d'Eros :
"Le sens de ce livre est, en un premier pas, d'ouvrir la conscience à l'identité de la "petite mort" et d'une mort définitive. De la volupté, du délire à l'horreur sans limites. C'est le premier pas nous menant à l'oubli des enfantillages de la raison ! De la raison qui jamais ne sut mesurer ses limites. Ces limites sont données dans le fait qu'inévitablement la fin de la raison, qui excède la raison, n'est pas contraire au dépassement de la raison ! Par la violence du dépassement, je saisis, dans le désordre de mes rires et de mes sanglots, dans l'excès des transports qui me brisent, la similitude de l'horreur et d'une volupté qui m'excède, de la douleur finale et d'une insupportable joie !"(Georges Bataille)



"La petite mort", surnom donné à l'orgasme, auréole de cette même force inquiétante la sensation de plaisir incontrôlable.


Dans cet essai, l'écrivain estime qu'une identification entre la sexualité et les sacrifices religieux est possible. Le sacrifice serait le stade ultime de l'érotisme, entre extase sacré et charnel. Bien que thème classique de l'histoire de l'art, le rapport entre plaisir sexuel et désir de mort n'a cessé de s'enrichir au cours des siècles. En psychanalyse, Sigmund Freud parle de deux forces complémentaires et indissociables. Il nomme donc "thanatos" la pulsion de mort qui, selon lui, habite chaque être humain et l'oppose à la pulsion de vie, "éros".


le supplice des cent découpes de Cheng li


Grand collage


Extrait : Du rire érotique à l’interdit

Dès qu’il envisage l’érotisme, l’esprit humain se trouve devant sa difficulté fondamentale.
L’érotisme, en un sens, est risible…
L’allusion érotique a toujours le pouvoir d’éveiller l’ironie.
Même à parler des larmes d’Eros, je le sais, je puis prêter à rire… Eros n’en est pas moins tragique. Que dis-je ? Eros est avant tout le dieu tragique.
On sait que l’Eros des Anciens put avoir un aspect puéril: il avait l’aspect d’un jeune enfant.
Mais l’amour n’est-il pas, à la fin, d’autant plus angoissant qu’il prête à rire ?
Le fondement de l’érotisme est l’activité sexuelle. Or, cette activité tombe sous le coup de l’interdit. Il est inconcevable ! Il est interdit de faire l’amour ! À moins de le faire en secret.
Mais si, dans le secret, nous le faisons, l’interdit transfigure, il éclaire ce qu’il interdit d’une lueur à la fois sinistre et divine : il l’éclaire, en un mot, d’une lueur religieuse.

L’interdit donne sa valeur propre à ce qu’il frappe. Souvent, à l’instant même où je saisis l’intention d’écarter, je me demande si, bien au contraire, je n’ai pas été sournoisement provoqué !
L’interdit donne à ce qu’il frappe un sens qu’en elle-même, l’action interdite n’avait pas. L’interdit engage la transgression, sans laquelle l’action n’aurait pas eu la lueur mauvaise qui séduit… C’est la transgression de l’interdit qui envoûte…
Mais cette lueur n’est pas seulement celle que l’érotisme dégage. Elle éclaire la vie religieuse toutes les fois qu’entre en action la pleine violence, celle qui joue à l’instant où la mort ouvre la gorge - et termine la vie - de la victime.

Sacré !...

À l’avance, les syllabes de ce mot sont chargées d’angoisse, le poids qui les charge est celui de la mort dans le sacrifice…
Notre vie tout entière est chargée de mort…
Mais, en moi, la mort définitive a le sens d’une étrange victoire. Elle me baigne de sa lueur, elle ouvre en moi le rire infiniment joyeux ; celui de la disparition !...
Si je ne m’étais, en ces quelques phrases, enfermé dans l’instant où la mort détruit l’être, pourrais-je parler de cette « petite mort », où sans vraiment mourir, je m’affaisserai dans le sentiment d’un triomphe !

Georges Bataille, Les Larmes d’Eros, Jean-Jacques Pauvert, 1961-1971, pp. 91-92.






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Re: Larmes d'éros

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