La Bazouge de Chemeré

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Message  Ulysse92 le Jeu 10 Oct 2019 - 10:51

Pour servir de banc d'essai à l'article que je publie sur Wikipedia à propos de ce petit village je crée ce post où je peux mettre plus facilement les illustrations que je souhaite.

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(photo personnelle) Le bourg vu d'en bas sur la Vaige

La Bazouge-de-Chemeré est une commune française, située dans le département de la Mayenne en région Pays de la Loire, peuplée de 514 habitants

Géographie

Le territoire de la Bazouge-de-Chemeré est assez peu mouvementé, sauf au bourg où la Vaige a creusé un lit profond entre deux couches bien distinctes : à l'ouest les schistes sur lequel est construit le bourg et à l'est un massif de calcaire troué de carrières.
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(photo personnelle) Le bourg sur son  promontoire
au-dessus du plan d'eau que traversait la Vaige jusqu'en 2016
Le bourg offre ainsi un site assez pittoresque au-dessus de la vallée de la Vaige qu'un pont enjambe car les maisons et les clôtures y forment une sorte d'enceinte murée.

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(photo personnelle) Le Chemerette passe sous un ancien chemin avant d'aller se jeter dans la Vaige
Le ruisseau le Chémerette, né à l'ouest de La Bazouge, conflue dans la Vaige au sud.
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(photo personnelle) La Vaige un jour d'hiver (gelée blanche) au sud de la Bazouge-de-Chemeré
La Vaige se jette dans la Sarthe au sud de Sablé-sur-Sarthe, non loin du confluent avec une rivière parallèle, l'Erve.

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(photo personnelle) La Vaige asséchée au même endroit le 17 septembre 2005 : elle est bien peu profonde
La Vaige est une rivière qui se coupe assez souvent en été et au début de l'automne, causant la mort des moules de rivière, des poissons et peut-être aussi des martin-pêcheurs.
Situation
La Bazouge de Chemeré Geologic_map_Armorican_Massif_FR
wikimedia
La Bazouge-de-Chemeré étant situé à l'extrême est du Massif armoricain, la géologie y présente donc des faciès très variés. Au sud et à l'ouest, c'est plutôt ce qu'on appelle localement « l'argelette », à savoir des schistes argileux altérés et par endroit on trouve du schiste ardoisier. À l'est de la commune après un gros massif de calcaire on trouve des rhyolites, roches volcaniques dues à la rencontre de la plaque du Massif armoricain avec celle du le continent. Au nord de la commune se trouvent des couches verticales renfermant par endroit des veines de charbon très fines ou regroupées en chapelets entre des couches de grès et des couches de grauwacke.

Toponymie

La Bazouge-de-Chémeré est citée dès 1097 dans une bulle du pape Urbain II sous le nom de Basilgia et ensuite sous le nom de Basiligia ou Basogia, tous noms dont l'origine vient de basilica qui signifie d'abord étymologiquement "royale" puis chez les romains ou les gaulois un bâtiment civil lié au passage d'une voie antique et dans les premiers siècles de la christianisation une "chapelle consacrée à un saint".

Ce saint est peut-être saint Eutrope puisque l'assemblée du village se tenait le premier dimanche de mai (la Saint-Eutrope est fêtée le 30 avril) mais peut-être aussi Saint Gervais et saint Protais qui sont deux jumeaux fêtés ensemble en juin dont on ne donne souvent que le nom du premier pour qualifier l'église. En effet en 1111 l'évêché du Mans reconnait la propriété des églises suivantes Sanctus Petrus de Cripta (La Cropte) et Sanctus Gervasius de Balsigia juxta Criptam, en indiquant la proximité de la Cropte pour distinguer cette Bazouge des nombreuses autres.

Après 1260, la Bazouge est considérée comme une partie de la châtellenie de Chémeré sans qu'elle ne semble posséder des droits ou une juridiction distincte. C'est sans doute une des raisons pourquoi au lieu de l'appeler La Bazouge de la Cropte comme la nommaient les évêques , elle s'est appelée Bazoche-de-Chemeré, Bazoge-de-Chemeré en 1706 et Bazouge-de-Chémeré-le-Roi enfin Bazouge-de-Chemeré ce qui permettait de bien la distinguer de Bazouges près de Château-Gontier, de Bazougers, de La Bazouge-des-Alleux et dans les départements voisins de Bazouges-la-Pérouse(35), La Bazouge-du-Désert(35), Bazouges-sous-Hédé(35), Bazouges-sur-le-Loir(72).
L'autre raison c'est qu'il n'y avait pas de route antique entre la Cropte et la Bazouge et il n'y en a toujours pas.

Les habitants s'appellent bazougéens, bazougéennes (gentilé).




Histoire


Histoires des guerres et occupations

Dans les années 1434, le comte d'Arundel et 12 000 Anglo-Normands occupent la région, rasant les châteaux de Meslay-du-Maine, de Bazougers et de Montsûrs. Les habitants de la Bazouge-de-Chémeré payent des sauf-conduits aux Anglais pour pouvoir se déplacer et commercer. Les années 1517 et 1586 sont des années de « contagion » où la mortalité est importante. En 1591, les Anglais, alliés des huguenots reviennent et ravagent le pays.

La Bazouge de Chemeré Forteresses_marches_de_Bretagne
(common wikimedia) les châteaux-forts des marches de Bretagne
La Bazouge s'est retrouvée un peu à l'est de la Marche de Bretagne et de ses châteaux-forts de Lassay, Laval et Château-Gontier donc à la frontière d'une région qui ne voulait pas payer la gabelle du sel ce qui enrichit les contrebandiers qui furent à l'origine des Chouans.

A la révolution française la province du Maine fut divisée en 2 départements : la Mayenne et la Sarthe avec création de cantons et districts et le vote fut institué dans chaque commune. L'Abbé Angot nous dit que la première élection municipale en novembre 1791 nécessita l'intervention des gendarmes. La levée en masse de soldats avec tirage au sort agita les jeunes et fonda les chouans mais ensuite c'est la vente des biens d'église et la constitution civile du clergé qui servirent de prétexte aux dissensions dans ces communes situées sur la ligne de front de la guerre civile entre les royalistes de l'Ouest et les républicains. Les chouans n'arrivent pas à prendre la Bazouge car les "bleus" s'étaient réfugiés dans l'église et une autre fois ils vont jusqu'à incendier l'église de La Cropte et le presbytère où un prêtre assermenté résidait. Le calme est rétabli en 1800.

La Bazouge de Chemeré Tafel_1813
commons wikipedia Prussiens 1813
La Bazouge a été occupée deux fois par les prussiens. Une première fois de 1815 à 1818 (suite à la défaite de Waterloo et l'exil de Napoléon) pendant la disette due à l'Éruption du Tambora en 1815 alors qu'il fallait en plus nourrir l'occupant.

En 1832 l'état est encore venu demander de rendre les armes cachées par les chouans au village voisin de Bazougers après l'échec de la chouannerie légitimiste qui avait suivi la révolution de 1830 où Louis-Philippe était devenu roi des français et avait adopté le drapeau tricolore.

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http://www.loire1870.fr/pages/pa_ope/operations08.html
G. Koch - Bataille Le Mans-Champagné le 11 janvier1871

La Bazouge est occupée par les Prussiens une seconde fois brièvement après la Bataille du Mans (1871). Cette fois-là les prussiens ont réclamé 30 000 francs-or et par défaut ont emmené le maire et le curé en otages dans la Sarthe puis ils ont fini par les libérer sans obtenir d'argent, ce que nous raconte avec plaisir l'instituteur dans la monographie de sa commune en 1899 : les bazougéens sont "madrés".
La Bazouge de Chemeré Otages10
ttps://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/jean-baptiste-edouard-detaille_les-otages-souvenir-de-la-campagne-1870-71_huile-sur-toile_1878-f93d8a15-9c73-4db7-b66b-c18be15045b3
Jean-Baptiste-Edouard Detaille ( 5 oct. 1848 - 23 déc. 1912) - Les otages, souvenir de la campagne 1870-71 - 1878



Histoire pré-industrielle : Fours à chaux et carrières de calcaire

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(photo personnelle) Four à chaux de la Fortinière
Des carrières de calcaire ont été exploitées pour les fours à chaux et sont encore visibles à l'est du bourg, par exemple au lieu-dit Les Vignes. Il y avait effectivement quelques vignes au sud sur le calcaire.

Lors de la Révolution les cahiers de doléances se plaignent de la disette de bois que créent les fours à chaux. Le chaulage des terres améliore cependant beaucoup l'agriculture. L'exploitation locale de l'anthracite au XIXe siècle résoudra ce problème. En 1810 Napoléon 1er passe le Décret relatif aux Manufactures et Ateliers qui répandent une odeur insalubre ou incommode pour faire installer les fours à chaux loin des bourgs à cause de la pollution, appelée insalubrité. Louis XVIII confirme ce décret. Mais ces fours à chaux sont déjà installés proches des carrières de calcaire donc du bourg.



Histoire industrielle : Mines d'anthracite

Article lié : Les mines d'anthracite de la Bazouge-de-Chemeré

Henri de La Rochelambert est un des rares aristocrates de Mayenne à investir dans l'industrie avec l'argent de ses cinquante métairies. Opposé à deux autres concurrents, il fut retenu avec d'autres associés et ils obtinrent en 1825 la concession pour l'exploitation des mines de charbon de La Bazouge-de-Chemeré et de Saint-Georges-le-Fléchard. L'anthracite de la Bazouge fut reconnu comme le moins mauvais et le plus dense de la région, mais juste bon pour alimenter les fours à chaux.

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(photo personnelle) maison double de mineurs faisant partie d'un ancien coron en limite de village
En 1850, la population de La Bazouge atteignit son maximum car la mine n'était pas encore très mécanisée et l'on voit encore les habitations construites dans le bourg pour loger tous ces mineurs et dans les cartes postales anciennes du début du XXe siècle on voit presque tous les onze anciens cafés dont nous parle l'instituteur en 1899.

En 1896, la chaux ne se vendait plus pour le chaulage car les engrais chimiques venaient d'arriver : les mines s'arrêtèrent, on démonta tout et on boucha les puits. Alors, la Bazouge-de-Chemeré connut une période sombre avec tous ces mineurs et tous ces chaufourniers qui partaient et par conséquent tous les commerçants et artisans qui perdaient leur clientèle. C'est ce que l'instituteur put raconter en 1899 dans la monographie de sa commune que l'inspecteur d'académie lui avait demandé de rédiger pour l'Exposition universelle de 1900, comme pour tous les autres instituteurs du département.

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(photo personnelle) la vieille mine avec sa cheminée et les bâtiments servant de base ULM




Histoire des lieux de frayeur et de dévotions : Gibet, chapelle Saint-Eutrope et chapelle Sainte-Barbe en 1706

La Bazouge de Chemeré LBDC_carte_Jaillot
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53053085b/f1 Extrait de la carte de Jaillot 1706

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Extrait de la carte de Cassini de la Mayenne sud 1766-1768https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53095111z/f1
La carte de Jaillot pour l'évêque du Mans en 1706 et plus tard la carte de Cassini de fin XVIIIe siècle nous montre la présence d'un lieu de justice (gibet) à La Bazouge sur la rive est de la Vaige tout en haut de la colline (103 m) sur le chemin de Malabry (lieu exposé à tous les vents).

Toujours sur cette même carte, on voit une chapelle Saint-Eutrope aujourd'hui disparue, dédiée à Eutrope de Saintes, à peu près à l'endroit où se situe la source captée. Souvent près des sources il y avait des lieux saints qui ont été christianisés ensuite. L'abbé Angot dit qu'il ne l'a vue qu'encombrée de fagots : elle avait son chevet à l'est et dominait l'étang.

La question : Jaillot s'est-il trompé en mettant la chapelle St Eutrope du mauvais côté (et non pas contre l'église)  et la chapelle Ste Barbe n'est-elle pas beaucoup trop au nord?

Toujours sur cette carte, on voit en effet une chapelle Sainte-Barbe bien au-dessus de l'endroit où se trouve aujourd'hui la chapelle des Mineurs. Et comme sainte Barbe est justement la patronne des mineurs, on comprend que cette chapelle ait pris une telle importance pour ces travailleurs.
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(photo personnelle) La chapelle Sainte-Barbe dite des Mineurs.



Histoire des communications : Le chemin rennais, voie antique

L'abbé Angot nous parle du "chemin rennais" souvenir d'une voie romaine de Rennes au Mans passant à 1,5km au sud du bourg.
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https://chercher-archives.lamayenne.fr/ark:/37963/r21966lxqjbk/f1
Chemin rennais trouvé entre Entrammes et Parné-sur-Roc : à Entrammes il y a des thermes romains et des traces de dépôt puis le chemin passe à la Villière (ancienne villa romaine?). A Parné-sur-roc il emprunte la rue du vieux chemin puis sans doute un gué là où il y a un pont sur l'Ouette puis on retrouve le chemin qui suit la limite communale vers la Petite Hune.

il se se poursuit à la limite communale La Bazouge-de-Chemeré - St-Denis-du-Maine (ces chemins très anciens servaient souvent naturellement de frontière aux communes) et il passe ensuite au sud du bourg : La Fleurière (Cadastre 1834 section E 4ème feuille), le Four rouge (section E 3ème feuille), La Thébaudière,

puis au sud de Pont Corbin (Section E 2ème feuille) vers Le Gravier, enfin vers Brisanne (section D1 La Godivraie)


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https://chercher-archives.lamayenne.fr/ark:/37963/r202119iuprk/f1
puis il continue dans la commune de Chemeré-le-roi (Tableau d'assemblage) à la Tremblaie puis Cénière et ensuite on le perd plus ou moins mais il devait passer à la Foucaudière puis quitter la commune...


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https://chercher-archives.lamayenne.fr/ark:/37963/r22992a70mbk/f1
pour entrer à Saulges vers Mardelle, le Coudray et passer au Pont-du-Gué puis Saulges et direction Bannes sur la limite communale Thorigné/Bannes où il y a des lieux comme la Croix (où l'on voit qu'on y croise un chemin nord-sud) puis la Moineterie puis un gué avant[/center] Bannes et ensuite une route dite le Pavé pour quitter Bannes.


Il était plus facile de traverser la Vaige au sud sans trop monter mais il est possible de tourner au nord sur le chemin de la Minotière (petit pont) à la Grand Fresnaye pour remonter à La Bazouge sur son promontoire puis de redescendre par la rue du Roquet pour traverser.

Il faut ausi noter que Parné-sur-roc à La Bazouge-de-Chemeré fait à peu près 6 lieues gauloises (13,3 km) de même La Bazouge-de-Chemeré à Bannes fait encore 6 lieues gauloises. Ce serait peut-être des étapes appelées vici routiers! Un vicus est un groupe de maisons le long d'une route antique (écurie, taverne, auberge, forgeron, charron).

La Bazouge-de-Chemeré a donc toujours été proche des grandes voies de communication :

  • le "chemin rennais" dans l'histoire ancienne,
  • la route royale puis nationale Laval-Le mans qui passe à Vaiges,
  • le relais de postes Le-Mans-Laval qui passe par Sablé-sur-Sarthe et Meslay-du-Maine,
  • le chemin de fer départemental qui passe à St-Georges-le Fléchard,
  • le tramway qui passe à Vaiges de 1900 à 1938,
  • et depuis octobre 1980 l'autoroute A81 avec sa sortie à Vaiges.
  • Enfin depuis 2017 le TGV qui traverse une partie de la commune mais sans s'y arrêter.





Histoire des aménagements : Routes D130 et D152, rue Neuve et pont sur la Vaige

Sur le cadastre dit napoléonien de 1834 on voit que le chemin de Bazougers à Chemeré-le-roi passait devant l'hôtel du Porche puis dans la rue du four (Cadastre napoléonien 1834 - plan du bourg - section E1) et le chemin du bas avant de passer sur les digues (qu'on appelle la chaussée) de l'étang où était installé un moulin, le moulin de la Chaussée ; la rue du Roquet reste un chemin trop raide et trop étroit.

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https://chercher-archives.lamayenne.fr/ark:/37963/r20950vm26gk/f1
Cadastre dit napoléonien de 1834 - Section E1 : Le Bourg
avec mes indications par-dessus du percement de la rue neuve

L'amélioration et le redressement du chemin vicinal de grande communication n° 30 de Laval à Brûlon est décidé en 1843 : il passe par Forcé, Bazougers, La Bazouge-de-Chemeré, Chémeré-le-Roi (où il y a une fourche en direction de Meslay-du-Maine) puis Saulges, etc. Les travaux commencent en 1846. Mais ces travaux ont nécessité le percement d'une nouvelle voie dans la commune, la "rue neuve" et la construction d'un pont par-dessus l'ancienne chaussée (digue du bas de l'étang) pour rester au même niveau que l'autre rive. Aussi en 1849 les communes de la Bazouge-de-Chemeré et de Chémeré-le-roi réclamaient encore le prompt achèvement de ces travaux. On voit le chemin n°30 terminé sur la carte itinéraire du département de 1857. Aujourd'hui c'est la départementale D130 dont les lignes droites datent de cette époque.

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(photo personnelle) le pont de 1850 au bas du plan d'eau et la surélévation de la "chaussée" de l'étang asséché en 1860

C'est plus tard en avril 1883 que le tracé du chemin vicinal de grande communication n°52 qui joint Château-Gontier à Vaiges a été accepté, en particulier de St-Denis-du-Maine à la Bazouge-de-Chemeré en essayant de faire au moins cher puis de la Bazouge-de-Chemeré à Vaiges en passant au milieu des mines avec une demande particulière de la commune. Ce chemin deviendra la départementale D152 moins rectiligne.


Histoire d'eau : Étang puis prairie puis plan d'eau

En 1706, sur la carte de Jaillot faite pour l'évêché du Mans, l'étang est déjà présent, peut-être créé au Moyen Âge par des moines comme souvent. La chaussée de l'étang a donné son nom à une maison, la Chaussée, et au moulin de la Chaussée. Ou bien était-ce à cause d'une voie romaine?

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https://chercher-archives.lamayenne.fr/ark:/37963/r20945y5ls7k/f1
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https://chercher-archives.lamayenne.fr/ark:/37963/r20945y5ls7k/f1
l'étang sur le cadastre dit napoléonien en 1834 (le nord est à droite)
L'étang couvre toute la vallée de la Vaige sur 2 kilomètres de long et 18 ha depuis les limites de la commune au nord et jusque sous le bourg (cadastre 1834 section C2 La Fortinière). Comme la Vaige est une rivière dont le cours se coupe régulièrement, en été la vase de cet étang génère des odeurs et des moustiques. Une épidémie de malaria : fièvres intermittentes graves par leur généralisation mais bénignes individuellement, touche 208 habitants en 1855 et 522 en 1856 sur une population de 1700 nous dit l'instituteur dans la monographie de sa commune. Le rapport de Pierre Crié, médecin des épidémies de Laval, en 1857, considérait le miasme paludéen (les odeurs mais pas les moustiques) comme la cause unique indiscutable de toutes ces fièvres intermittentes (malaria c'est-à-dire « mauvais air »). Ce qui permet au préfet en janvier 1858 de faire passer un décret de destruction de l'étang insalubre aux dépens d'un grand propriétaire, M. de Martainville. Mais non sans mal, car le conseil municipal ne veut pas voter la fermeture de l'étang pour ne pas pénaliser son propriétaire. Alors le préfet usant de lois récentes sur l'hygiène, suspend le conseil municipal et met en place une commission municipale, laquelle vote donc la destruction de l'étang pour cause d'insalubrité. Le préfet fait ensuite approuver le décret par le ministère des travaux publics. Mais M. de Martainville porte l'affaire au Conseil d'État qui lui déclare qu'aucune indemnité ne lui serait due pour la suppression de son étang insalubre mais casse le décret en décembre 1858, car le préfet n'a pas préalablement fait la demande au conseil départemental ni au conseil d'arrondissement. Ces conseils se réuniront donc en mars 1859 pour valider le décret. Entretemps, le sieur de Martainville décède et en avril 1860 c'est sa veuve qui propose au fermier Ménard, preneur du bail sur l'étang, de demander une indemnité pour le moulin qui n'est plus mû par les eaux de l'étang, pour la perte du poisson contenu dans l'étang, pour la perte de clientèle, etc. Mais il n'aura rien.

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Le bourg en 1934 après que l'étang ait été asséché en 1860 (collection personnelle)

Pendant 110 ans il n'y eut qu'une prairie comme nous le montre la carte postale ancienne.
Puis un petit plan d'eau réservé à la pêche a été créé en 1971.
Mais il s'envasait régulièrement et pour répondre à la loi sur l'eau de 2006, le cours de la Vaige a d'abord été rendu indépendant puis le plan d'eau a été reconstruit en 2018.

Histoire de l'instruction : Ecoles

Ce n'est qu'après la loi Guizot de 1833 qui créa les écoles normales d'instituteurs et demanda à chaque commune de plus de 500 habitants de créer une école de garçons que la commune engagea un instituteur puis loua un local en attendant de faire construire une école bien petite.
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(Photo personnelle) la 1ère école municipale de garçons

Plus tard en 1849 le président de la République Louis-Napoléon Bonaparte et son ministre de l'éducation publique et des cultes Alfred de Falloux autorisèrent les sœurs de la charité d'Evron à créer un établissement de 2 sœurs à La Bazouge-de-Chemeré pour soigner les indigents (asile) et éduquer les jeunes-filles, le tout financé par des rentes offertes par des personnes généreuses du canton17.
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(Photo personnelle) la 1ère école religieuse de filles avec salles d'asile tenue par les sœurs d"'Evron
devenue ensuite école municipale de filles (et aujourd'hui réfectoire de l'école libre voisine)
En 1850 Falloux ayant démissionné c'est Parieu qui fit passer la loi libéralisant l'enseignement religieux mais imposant aux communes de créer une école publique de filles si la commune avait plus de 800 habitants, ce qui était le cas à La Bazouge.
Jules Ferry imposa ensuite l'école gratuite en 1881 puis obligatoire et laïque (sans crucifix) en 1882 et enfin laïcisée (sans personnel enseignant religieux) en 1886. Aussi à La Bazouge certains avaient fait construire une grande école religieuse de jeunes filles administrée par les sœurs d'Evron et avaient fait don de l'ancienne école avec salles d'asile à la municipalité pour en faire une école publique de filles. L'instituteur nous raconte que pour laisser vide la petite école publique de filles et remplir la nouvelle grande école libre le curé et de grands propriétaires usèrent de pressions sur les fermiers et autres locataires pour qu'ils retirent leurs filles de l'école publique.


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(Photo personnelle) La mairie et la grande école laïque de garçons demandée par Jules Ferry
La municipalité fit en parallèle construire une nouvelle mairie contenant une école publique de garçons de taille suffisante pour la population. Tous ces bâtiments sont aujourd'hui désaffectés et réemployés. Avant guerre il y avait toujours quatre écoles. Dans un bâtiment qui était au début du siècle un hôtel, puis l'école libre de garçons, il reste aujourd'hui une école libre mixte qui partage des classes avec celle de Bazougers.
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(Carte et Photo personnelle) l'ancien hôtel devenu l'école "libre" aujourd'hui
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Fait divers : l'incendie de l'église en 1926

Ce n'est qu'après la création d'un évêché à Laval en 1855 (en plus de celui du Mans) que des fonds sont arrivés en Mayenne pour agrandir les églises. En plus à la Bazouge le pic de population nécessitait un agrandissement.
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Pour avoir une idée de la tête de l'église avant le aménagements du XIXème il faut voir l'église voisine de Vieuvy
La Bazouge de Chemeré Eglise11
http://www.mayenne-tourisme.com/en/Guide-Touristique-de-la-Mayenne/Visites/Eglise-de-vieuvy-la-visitation-vieuvy
L'église a été beaucoup transformée jusqu'en en 1868 nous dit l'abbé Angot : une tour-clocher a été construite en façade et on y a mis dessus la flèche auparavant située sur la croix du transept afin qu'elle attire les regards de loin.


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(collection personnelle) Le clocher avant 1926, le porche de l'hôtel du Porche (pratiquement le point de vue d'Edouard Cortès)
Des habitants âgés nous disent que leurs parents leur avaient raconté que le jeudi 15 juillet 1926 le ciel était devenu si noir que les poules étaient rentrées au bercail et puis plus tard la foudre a frappé le clocher qui s'est embrasé. Le curé s'est agenouillé au milieu de la place pour prier. Quelques courageux ont tenté d'essayer de sortir une partie du précieux mobilier mais sans pouvoir décrocher les grands tableaux. Puis les cloches rougeoyantes sont tombées et le clocher s'est effondré communiquant le feu au reste de l'église. Le feu a été combattu jusqu'au lendemain.


La Bazouge de Chemeré Dict_LBDC
(photo personnelle) Le dict des 3 morts et des 3 vifs - 1585 (ici les 3 squelettes)

Lors de la reconstruction, on s'est rendu compte que la forte chaleur avait fait apparaître d'anciennes fresques cachées sous les enduits successifs : le Dict des trois morts et des trois vifs, daté de 1585, a été restauré en 1932.

Le clocher fut reconstruit plus court et les cloches furent refondues et baptisées le 29 juin 1930.

La Bazouge de Chemeré La_Bazouge-de-Chemer%C3%A9_%2853%29_%C3%89glise_01
(commons wikimedia) L'église paroissiale Saint-Gervais-et-Saint-Protais répertoriée au XIIe siècle, fresques du XVIe siècle, agrandie et clocher du XIXe siècle, toits du XXe siècle

Histoire récente : La Seconde Guerre mondiale et le réfugié italien

Le 17 juin 1940 des forces françaises (237e DLI) se replient en Mayenne et les Allemands survolent et bombardent les villages voisins (Chémeré-le-Roi : 5 civils tués ; à La Cropte sur la route : quelques vaches tuées à la cour du Bois-Bureau). Le peintre italien Giuseppe Tribus qui avait fui les fascistes de son pays et s'était réfugié dans le bourg immortalise le survol inquiétant des bombardiers vrombissants.
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(Photo personnelle) Giuseppe Tribus - le 17 juin 1940 à La Bazouge de Chemeré (titre inventé)

Un résistant à Evron fournit de fausses cartes d'identité pour tous les récalcitrants tirés au sort pour le STO à Saint-Nazaire (construction de la base de sous-marins) mais qui devaient cependant par sécurité quitter le domicile familial, aller travailler chez un parent et éviter les mauvaises rencontres. Tribus fut caché par le curé dans le théâtre.

La Bazouge de Chemeré Captur13La Bazouge de Chemeré Runes_10
(réalité augmentée)
En 1944, une colonne blindée allemande remonte à toute allure du sud vers le Cotentin. Les éclaireurs ont tracé des runes au carrefour pour indiquer la bonne direction et elles sont encore visibles sur une maison.
Le 6 août 1944, les Américains libèrent le village voisin, Vaiges.

Histoire des arts : la Bazouge à travers les peintres

La Bazouge de Chemeré Desill10
Félix Desille un promeneur en Mayenne, Archives départementales de la Mayenne (ISBN 2-86053-051-7)
https://archives.lamayenne.fr/publication/un-promeneur-en-mayenne-felix-desille-1869-1952-notes-et-dessins

Félix Désille - l'Hôtel du Porche - aquarelle - 1914

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(Photo personnelle) Giuseppe Tribus - le 17 juin 1940 à La Bazouge de Chemeré (titre inventé)

Edouard Cortès a vendu toute sa vie à des américains des vues des rues de Paris  "le soir sous la neige" et "le soleil après la pluie" et il a fait quelques vues de village dans le même style. En 1944 il habite à Cormeille-le-Royal près de Caen et son atelier est détruit par les bombardements britanniques. Peut-être est-il venu à la Bazouge mais il travaillait souvent à partir de photos? Pour quel natif ou native de la Bazouge a-t-il bien pu peindre ces tableaux qu'il a donnés car aucune trace de vente pour ces tableaux.
La Bazouge de Chemeré Edouar10
http://www.rehs.com/edouard_leon_cortes_virtex.htm
Edouard Léon Cortès - La Bazouge de Chémeré (Mayenne) circa 1945
ou plutôt La Bazouge de Chémeré, le soir sous la neige

La Bazouge de Chemeré Edouar11
http://www.rehs.com/edouard_leon_cortes_virtex.htm
Edouard Léon Cortès - Le sud de la France- circa 1945
ou plutôt La Bazouge de Chémeré, le solei après la pluie

La Bazouge de Chemeré Tribus13
(Photo personnelle)
Giuseppe Tribus - Le porche de l'Hôtel du Porche et le clocher de l'église de la Bazouge-de-Chemeré - (circa 1950)

La Bazouge de Chemeré Tribus11

La Bazouge de Chemeré Tribus12
Giuseppe Tribus avant-scène droite du théâtre


Dernière édition par Ulysse92 le Dim 13 Oct 2019 - 18:03, édité 10 fois
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La Bazouge de Chemeré Empty La Vaige

Message  Ulysse92 le Dim 13 Oct 2019 - 15:17

La Vaige est une rivière française qui coule dans les départements de la Mayenne et de la Sarthe, en région Pays de la Loire, et un affluent de la Sarthe, donc un sous-affluent de la Loire par la Maine.

La Bazouge de Chemeré Vauvéron_20131208_102255
(photo personnelle) la Vaige une jour d'hiver (gelée blanche)

La Vaige prend sa source en Mayenne dans la commune de Saint Léger, aux lieux-dits le Fay et La Grande Talbotière, à 112 m d'altitude. Elle passe sous l'autoroute française A81 près du péage de la Vivannière. Puis elle arrose Vaiges, Saint-Georges-le-Fléchard, La Bazouge-de-Chemeré, où elle formait un étang asséché au XIXe siècle, Saint-Denis-du-Maine, La Cropte, Préaux, Beaumont-Pied-de-Bœuf, puis sert de limite départementale avec la Sarthe sur le territoire de Saint-Loup-du-Dorat et de l'autre côté Auvers-le-Hamon, elle revient en Mayenne baigner Bouessay enfin elle entre dans le département de la Sarthe au sud de Sablé-sur-Sarthe où elle rejoint la Sarthe, à 22 m d'altitude6, après 53,6 km non loin du confluent de cette rivière avec l'Erve.

Depuis quelques années la rivière se coupe pendant un à deux mois d'été ou d'automne au sud de la Bazouge-de-Chemeré. Par exemple en 2005, 2009, 2017 et 2019. Dans cette zone la suppression des barrages au lieu de la création d'échelles à poisson cause la mort définitive des poissons, des grosses moules de rivière et des martin-pêcheurs qui n'ont plus ces réserves garanties d'où ces espèces peuvent repartir pour repeupler la rivière deux mois plus tard.

La Bazouge de Chemeré Vauvron2005_0917_145324AA
(photo personnelle) La Vaige asséchée au sud de la Bazouge-de-Chemeré le 17 septembre 2005

La Bazouge de Chemeré Vauvron2005_0917_150244AA
(photo personnelle) Poissons morts dans la rivière asséchée en 2005

La Bazouge de Chemeré Vauvéron_20170624_161909
(photo personnelle) La Vaige asséchée au sud de la Bazouge-de-Chemeré le 24 juin 2017

La Bazouge de Chemeré Vauv%C3%A9ron_20100228_130846_031
(photo personnelle) La Vaige en crue le 28 février 2010 au sud de la Bazouge de Chemeré

La Bazouge de Chemeré Vauvéron_20100130_115341_003
(photo personnelle) Le ruisseau Le Chemerette passe sous un ancien chemin avant d'aller se jeter dans la Vaige au sud de la Bazouge

La Bazouge de Chemeré Vauvéron_20090913_114148_09
(photo personnelle) Lavoir de la Cropte sur la Vaige
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